La formidable histoire du musette – partie 1
La formidable histoire du musette – partie 1
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Origines et débuts du musette

Mouvementé et métissé, la naissance d’un style unique

Il est temps de rendre hommage à une musique qui manque cruellement de reconnaissance auprès des jeunes d’aujourd’hui : le musette, style désuet, démodé, dépassé, ringard, out… les mots ne manquent pas !

Et pourtant, lequel parmi ces jeunes aurait pensé que le musette était LE son de l’époque, LE nouveau style branché sur lequel guincher … et le bal musette des années 30, ze place to be !?!

Alors, rendons à César ses petites victoires, au musette ses airs de fête, et essayons de comprendre !

La cabrette et l’accordéon à la fin du XIXè siècle

Il y a beaucoup à lire au sujet des origines et prémisses du musette. Pour éviter la paraphrase, mentionnons derechef que LA musette désigne d’une part une danse du XVIIIème siècle, et d’autre part, un instrument à vent proche de la cornemuse, remontant à l’Antiquité.

Un de ses dérivés, la cabrette, plus petite et d’origine auvergnate, est l’instrument qui fera raisonner les « bals des bougnats » ou « bals à musette » dans le Paris du XIXème siècle.

Car c’est ainsi que commence effectivement le musette : à la capitale, au rythme de bals campagnards dans lesquels le Tout-Paris se retrouve en fin de semaine pour danser. En raison de la construction d’un mur d’enceinte fin XVIIIème siècle destiné à taxer les marchandises entrant dans la capitale, ces « bals des familles » ou « bals champêtres », se trouvent en périphérie, sur les bords de Marnes, du côté de Nogent. On vient y passer du bon temps et y boire un vin moins cher qu’en ville. Ces endroits attirent ainsi toute une faune de trafiquants et autres arsouilles.

A propos des guinguettes: www.guinguette.fr

La rue de Lappe

Mais c’est surtout à la Bastille, dès la fin du XIXème siècle, que l’histoire va s’écrire : ce quartier de Paris à la réputation sulfureuse aussi ancienne que remontent les témoignages, sera à lui seul, le lieu de prédilection de la majorité des bals musette de la capitale, qui y ouvrirent notamment rue de Lappe, entre rue de la Roquette et rue de Charonne. Quartier populaire de Paname, on y dénombrera cent trente bals en 1879, tenu, pour la quasi-majorité, par des Auvergnats.

Car on s’amuse au son des musiques et des danses traditionnelles des Auvergnats à la Bastoche; arrivés à la capitale pour trouver du travail en tant que chaudronniers, ferrailleurs, mais aussi comme tenanciers de débits de boisson, ceux-ci seront à l’origine de ces lieux de distraction souvent étroits, poussiéreux et mal-éclairés par quelques bougies. On y danse la fameuse « bourrée » au son de la cabrette et la grelottière (bracelet à grelots) jouée par le cabrettaire, en costume traditionnel auvergnat. La valse et la polka aussi. On y danse à la rue de Lappe, certes, mais on y boit, on y courtise et on s’y bat aussi. On y meure aussi parfois ! Toute une réputation est alors en train de se construire autour du bal-musette et de ses apaches qui les fréquentent.

Après les Auvergnats, une autre communauté viendra chambouler tout ce petit monde et contribuer à l’émergence de ce style nouveau à la toute fin du XIXème siècle : les Italiens avec leur accordéon, importé d’Autriche. Mis au point par la famille Péguri, facteurs d’accordéon à Paris, plus sonore et plus vaste au niveau de ses possibilités, il viendra petit à petit voler la vedette à la cabrette, non sans contestation de la part des Auvergnats qui criaient au blasphème, se voyant voler de leur gagne-pain.

L’arrivée de l’accordéon

La « boîte à frisson », diatonique puis chromatique devient très vite l’instrument de ce qu’on appelle dorénavant le bal-musette, d’abord de concert avec la cabrette (en duo), puis évinçant cette dernière petit à petit. Car cet orchestre à lui tout seul créé un genre et un répertoire tout à fait nouveau et ô combien attrayant pour un public qui en redemande: c’est le musette du premier âge, celui de Charles Péguri puis celui d’Emile Vacher, grands accordéonistes et véritables vedettes du début du siècle.

Âge qui prendra fin avec la Première Guerre Mondiale, où tous les établissements se ferment.

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