Pierre “Baro” Ferret
Pierre “Baro” Ferret
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Pierre “Baro” Ferret, le guitariste de la valse swing

Issus d’une longue tradition familiale de musiciens d’origine gitane, les frères Ferret, Baro, Sarane, Matelo, figurent parmi les guitaristes les plus prisés des accordéonistes swing de l’entre-deux-guerres.

Les débuts aux côtés de Django

Baro Ferret (1908-1976), d’origine gitane, s’appelait Joseph, mais changea ce dernier en Pierre, plus à son goût. Pour brouiller encore un peu plus les pistes, les copains l’appelaient Baro (le Grand), ou encore Camembert. Pierre “Baro” Ferret donc, fut aux côtés de Django en 1933 lorsqu’ils enregistrèrent avec Guérino Vétese (photo ci-contre). Ils apprirent tous deux le métier à la même adresse et forgèrent leurs styles respectifs ensemble.

Durant leur apprentissage, Django et Baro composèrent ce qu’on appellera plus tard les valses swing. Django ne voudra en enregistrer aucune. Baro, lui, deviendra LE spécialiste de cette valse swingante.

Durant les années 1930, l’engouement pour le swing prend comme une traînée de poudre. Les musiciens, fascinés et pressés par le public, doivent s’adapter à cette nouveauté. Ainsi, à l’instar du maître Reinhardt, les frères Baro, Sarane, Matelo Ferret et leur cousin Challain Ferret, délaissent le banjo et se tournent vers la guitare pour s’orienter vers le jazz… sans toutefois délaisser totalement le milieu des bals populaires et ses musiques.

La période Quintette du Hot-Club de France

Très estimé par Django, il devient dès 1935, l’accompagnateur régulier du Quintette du Hot-Club de France nouvellement formé, et ce jusqu’en 1940.

En parrallèle, Pierre “Baro” Ferret, guitariste soliste, avec son frère de vingt ans Jean “Matelo” Ferret, et le cousin René “Challain” Ferret (qui remplace Sarane Ferret parti jouer chez Tony Murena) forment le trio accompagnateur du précurseur du swing en France : Gus Viseur. Avec le contrebassiste, Maurice “Momo” Speilleux, nous avons ici une section rythmique qui correspond à celle du Quintette du Hot-Club de France: les lames de l’accordéon de Viseur remplaçant les cordes du violon de Grappelli.

Le swing musette

A la Libération, Pierre “Baro” Ferret devient le guitariste de Jo Privat. Accordéoniste de génie du Paris populaire, Privat avait l’art de la mélodie. Il trouva en Baro, son alter-ego en matière d’accompagnement. Tous deux font swinguer les valses, mais aussi les paso doble et autres tangos…

Une fois de plus, on retrouve un exemple où l’accordéon nourrit la guitare comme la guitare nourrit l’accordéon.

Au tournant des années 1960, les affaires du Milieu se montrant certainement plus attractives, Baro abandonnera progressivement le métier de musicien pour s’occuper, entre autre, de son bar : le Baro Bar.

Le testament

Egalement compositeur de talent, Baro est définitivement le guitariste de la “Valse be-bop ». Pour anecdote, c’est à lui qu’est attribué la fameuse Swing Valse et non à Gus Viseur, bien que c’est ce dernier qui en toucha les droits.

En 1966, encouragé par Charles Delaunay, il signera l’unique album sous son nom : Swing Valses d’Hier et d’Aujourd’hui. Disque capital, établissant la vision novatrice de Pierre “Baro” Ferret.

« Considérant qu’un profond enrichissement pouvait être apporté à cette spécialité, notre musicien avait conçu de nouvelles structures harmoniques infiniment plus subtiles et par là même introduisant une gamme mélodique illimitée. De plus, il introduisait en filigrane dans le rythme à trois temps de la valse toute la variété rythmique du jazz américain : la “valse swing” était née. » (Charles Delaunay)

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